Chaque année, des centaines de milliers de prélèvements d’air sont analysés pour détecter la présence de fibres d’amiante. Les résultats publiés par le ministère de la Santé en février 2026 dressent un état des lieux précieux et rappellent pourquoi les mesures d’empoussièrement sont essentielles pour repérer l’amiante dégradé, tout comme d’autres diagnostics tels que l’état d’amiante, les repérages amiante avant travaux (rénovation ou démolition) et les examens visuels après travaux.
En février 2026, la Direction générale de la santé (DGS) a rendu public son bilan annuel sur les mesures d’empoussièrement en fibres d’amiante réalisées en France au cours de l’année 2024. Ce document, élaboré à partir des données transmises par plus d’une centaine de laboratoires accrédités par le Cofrac, recense au total plus de 405 000 analyses d’air effectuées dans des bâtiments très diversifiés (logements, bureaux, établissements scolaires, sites industriels, etc.).
Ce que l’on appelle une « mesure d’empoussièrement », c’est précisément le prélèvement d’échantillon d’air dans un local ou sur un chantier, suivi de son analyse en laboratoire pour y dénombrer les fibres d’amiante en suspension. Cette opération est réalisée par des organismes spécialement accrédités, selon des protocoles stricts. Elle intervient notamment lorsqu’un diagnostiqueur immobilier a repéré la présence de matériaux ou produits susceptibles de libérer des fibres ou dans le cadre de chantiers de désamiantage. Le seuil à ne pas dépasser, fixé par le Code de la santé publique, est de 5 fibres d’amiante par litre d’air. Au-delà de cette valeur limite, il faut obligatoirement engager des travaux de mise en sécurité.
Les résultats du bilan 2024 de la DGS sont plutôt rassurants. En effet, 85 % des mesures réalisées n’ont détecté aucune fibre d’amiante dans l’air. Pour la grande majorité des bâtiments contrôlés, la qualité de l’air est donc conforme. Toutefois, une donnée retient l’attention : 5 % des analyses, soit près de 19 000 mesures, ont révélé des concentrations qui dépassent le seuil toléré de 5 fibres d’amiante par litre d’air.
Ce taux de 5 %, qui peut paraître modeste, représente en valeur absolue un nombre important de situations à risque, réparties dans toutes les catégories de bâtiments. Les logements arrivent en tête des sites concernés par le risque amiante. Ils sont suivis des sites industriels et des établissements d’enseignement. Quant aux matériaux le plus souvent impliqués dans ces dépassements, ils sont parfois méconnus du public. Il s’agit de colles, d’enduits, de plâtres ou d’éléments de friction, sans oublier des toitures en fibrociment. Cette localisation démontre que l’amiante n’est pas uniquement présent dans les flocages ou les faux-plafonds souvent évoqués. Il peut aussi se trouver dans des matériaux de construction courants, potentiellement dangereux dès lors qu’ils sont touchés par des travaux.
Avant toute intervention dans un bâtiment potentiellement amianté, il est indispensable d’anticiper un repérage amiante avant travaux au travers d’un diagnostiqueur certifié amiante avec mention. Ce professionnel veille sur la santé de tous, grâce à ses compétences exemplaires en matière de détection de l’amiante, même non visible, et à son évaluation experte de l’état de conservation de ce polluant qui, altéré, devient très dangereux.